Category Archives: Les aliments verts

Les aliments verts sont acres et astringents. Selon l’ayurvéda, ces saveurs conviennent parfaitement aux Kapha. Une consommation fréquente et régulière de ces aliments les aidera à prévenir toutes sortes de troubles comme les problèmes respiratoires et l’obésité. Ils sont tout à fait indiqués aussi pour les types Vata et Pitta qui n’ont pas encore atteint un bon équilibre physiologique. Toutefois, le choix sera plus limité pour ces deux types. Plus loin dans ce chapitre, nous précisons quels aliments verts sont bons pour eux, et pourquoi ils doivent en éviter certains autres. Nous allons à présent étudier ce que les scientifiques ont découvert sur les phytochimiques des aliments verts et leur action préventive contre les maladies.

Famille des brassicacées : les crucifères et les moutardes

Famille des brassicacées les crucifères et les moutardes

La racine latine crucifer signifie « qui porte une croix ». Elle désigne clairement les fleurs de la famille des brassicacées dont les pétales, au nombre de quatre, sont disposés en croix. Vous connaissez peut-être ainsi la moutarde sauvage, qui pousse le long des routes, avec ses fleurettes jaunes ou blanches.
Tous les légumes crucifères sont caractérisés par un parfum puissant et acre, qui s’accentue lorsqu’on les cuit ou qu’on les hache. Cela est dû à la myrosine, une enzyme qui désagrège les composés sulfureux de la plante. Les brassicacées peuvent être divisées en deux groupes : les crucifères et les moutardes. Voici une liste des légumes de chaque catégorie :

Légumes crucifères

Brocoli
Chou chinois
Chou de Bruxelles
Chou (blanc, rouge)
Chou-fleur
Chou frisé
Chou-rave
Cresson
Navet
Rutabaga

Moutardes

Alliaire
Arugula
Canota (graine de colza)
Daikon (radis chinois)
Feuilles de moutarde
Graine de moutarde noire
Radis
Radis noir
Wasabi

Les légumes crucifères représentent la quintessence des phytochimiques, car ils enrayent beaucoup de maladies et n’ont aucun effet secondaire. Dans la nature, les composés sulfureux protègent les plantes qui les renferment ; le puissant goût amer qu’ils dégagent est un obstacle efficace contre les champignons, les insectes ou les herbivores qui voudraient s’y attaquer. Il n’est pas donc surprenant que ces aliments aient la même action protectrice sur les humains. Deux des plus importants éléments parmi les brassicacées (les glucobrassicines et les glucoraphanines) se décomposent en une variété d’autres composés sulfureux actifs, que l’on appelle des bitransformateurs. Le processus de biotransformation commence dès que les cellules de la plante sont broyées, hachées ou cuites. Il en résulte une famille de composés odorants appelés les glucosinolates.
Les glucosinolates sont présents dans tous les crucifères, avec une concentration plus forte dans le chou et le chou-fleur, et plus légère dans le brocoli et le chou de Bruxelles. Les crucifères comprennent environ douze glucosinolates différents, qui seront chacun transformés en produits finaux essentiels. Ce sont ces produits de bio-transformation – plutôt que les glucosinolates euxmêmes – qui sont à l’origine des bienfaits chimiothérapiques de cette classe de légumes.

Comment agissent ces composés

Comment agissent ces composés

L’efficacité de l’ail et l’oignon est reconnue scientifiquement dans le traitement des maladies cardio-
vasculaires. Ces légumes réduisent en effet le taux des lipides dans le sang, ont une action anticoagulante et préviennent les problèmes vasculaires liés à l’âge. L’ail et l’oignon sont aussi de puissants agents anti-inflammatoires, antibactériens et antiviraux.

Effets sur le cholestérol

En analysant les résultats de nombreuses études, des médecins du Médical Collège de Valhalla, dans l’Etat de New York, ont noté une importante réduction du cholestérol total (9 %) chez des patients à qui l’on avait administré 600 à 900 mg par jour de poudre d’ail en pilule, soit l’équivalent d’une à deux gousses, sur une période allant de huit à vingt-quatre semaines.

Effets sur l’hypertension

Des médecins australiens ont analysé les données de huit études, réalisées durant douze semaines sur 415 patients souffrant d’hypertension ou d’hyperlipidémie qui ont absorbé de la poudre d’ail (600 à 900 mg par jour). Les sujets ont vu leur tension systolique baisser de 7,7 points (millimètres de mercure) et leur tension diastolique diminuer de 5 points. D’autre part, aucun effet secondaire n’a été noté au cours de ces traitements.

Effets sur les lipides sanguins

Les huiles de poisson sont des zixxrhimiques qui jouent un rôle important dans le traitement de cer-
taines maladies. Des chercheurs canadiens les ont utilisés en combinaison avec de l’ail, pour des tests réalisés sur 50 hommes au taux de cholestérol modérément élevé. Pendant douze semaines, un tiers de ces patients a absorbé des suppléments d’ail et d’huiles de poisson, le deuxième tiers n’a reçu que de l’ail, et le troisième uniquement de l’huile de poisson. La thérapie combinée
a obtenu les meilleurs résultats, abaissant à la fois le taux de triglycérides et de cholestérol total. Le traitement à l’ail seul a fait diminuer le LDL ainsi que le cholestérol, mais n’a eu aucun impact sur les triglycérides. Quant aux huiles de poisson, elles ont aidé à abaisser le taux de triglycérides, mais ont fait augmenter le taux de LDL, vecteur du « mauvais » cholestérol. L’ail reste toutefois un excellent agent préventif pour les personnes ayant un taux de cholestérol normal. Des chercheurs britanniques ont administré à 68 volontaires soit 600 mg de poudre d’ail (à 1,3 % d’allicine) soit un placebo, cela sur une période de dix semaines. Les suppléments d’ail ont maintenu le cholestérol au niveau normal et ont légèrement diminué les triglycérides.

Effets anticoagulants

L’ajoène, un composé qui se forme dans une gousse d’ail écrasée, a une action antiadhérente sur les plaquettes, que l’on utilise dans le traitement des thronv boses, affections pouvant mener à l’infarctus ou à l’attaque cérébrale. Le Dr Indrajit Das et ses confrères du Charing Cross and Westminster Médical School, à Londres, ont découvert que, en plus de cette activité antiagrégante, l’ail avait une action directe sur la souplesse des parois artérielles.

Effets antimicrobiens

Plusieurs études ont montré l’efficacité de l’ajoène, administré en intraveineuse, pour soigner les infections fongiques, dont la méningite mortelle à Cryptococcus.

Effets anticancéreux

Des médecins de la Loma Linda University ont découvert que l’ail bloquait la croissance des tumeurs
cancéreuses en désactivant les produits chimiques cancérigènes ainsi que des toxines virales et microbiennes.
Des chercheurs chinois ont également constaté que les régions où Ton mangeait de l’ail présentaient beaucoup moins de cas de cancer de l’estomac que les régions où l’on n’en consommait pas. Une autre raison prouvant que l’ail protège du cancer de l’estomac est son action destructrice sur YHelicobactcr pylori, un agent cancérigène de premier ordre.

Quels aliments sont vos aliments-couleur ?

Quels aliments sont vos aliments-couleur

Types Kapha

Les légumes crucifères, l’asperge, l’ail et l’oignon constituent vos aliments principaux. Vous pouvez les manger crus ou cuits.

Types Pitta

L’ail et l’oignon crus ne sont pas bons pour vous car leur saveur est trop piquante. Vous pouvez tolérer ces légumes cuits, si vous en faites une consommation modérée. Evitez les suppléments de poudre d’ail. Vous pourrez, en revanche, utiliser des capsules d’huile d’ail.

Types Vata

L’ail et l’oignon crus ne sont pas bons pour vous non plus. Cependant, vous les tolérerez très bien s’ils sont cuits, à condition de ne pas en abuser. Vous pouvez aussi prendre des suppléments d’ail en poudre ou consommer les variétés recommandées aux types Pitta.
En plus des aliments évoqués plus haut, un bon nombre de légumes verts à feuilles, dont le chou frisé
et le pissenlit, contiennent des composés sulfureux qui constituent d’excellents agents préventifs de certaines maladies. L’asperge renferme aussi ces éléments, responsables de la forte odeur qui se dégage des urines lorsque l’on mange ce légume. A présent que nous avons examiné en détail ce que
la science nous apprend sur les trois principales couleurs d’aliments – le jaune, le rouge et le vert – passons maintenant aux couleurs complémentaires.

Comment agissent ces composés

Comment agissent ces composés

La consommation de légumes crucifières n’est pas sans rapport avec une diminution des cancers liés aux hormones, et de certains cancers des organes, dont celui de la vessie. Des chercheurs du département santé de l’université d’Harvard ont mené une grande enquête impliquant 47 909 hommes pour déterminer l’incidence d’un régime alimentaire spécifique sur la survenue d’un cancer de la vessie. Pendant cette période, 252 cas de cancer sont apparus parmi les sujets testés. Des analyses statistiques ont montré une corrélation entre la consommation de légumes crucifères et les effets protecteurs sur la vessie. Parmi les crucifères, le brocoli et le chou semblent offrir la meilleure protection contre le cancer de cet organe, et l’on constate sans surprise qu’ils ont la teneur la plus forte en glucosinolates. Pourtant, l’effet préventif anticancéreux des brocolis et du chou-fleur peut varier considérablement suivant la durée de stockage et les conditions de culture de ces légumes. Les scientifiques tentent de pallier ces variations, notamment en testant la consommation de germes de crucifères. Une équipe de recherche de l’université John Hopkins a découvert que des germes de brocoli et de chou-fleur âgés de trois jours seulement contenaient un taux de glucosinolates de 10 a 100 fois plus élevé que celui des plantes matures. Les légumes crucifères contiennent également un
autre puissant phytochimique protecteur : le calcium D-glucarate qui est converti dans le corps en D-glucarolactone, agent inhibiteur du cancer du sein. Des médecins du M.D. Anderson Cancer Center, à
Houston, ont découvert que des femmes souffrant d’un cancer du sein avaient un taux de glucarate beaucoup plus bas que les femmes saines. Cette équipe médicale a ainsi suggéré d’administrer à ces patientes des suppléments de calcium D-glucarate durant leur traitement, car en dehors du fait que cette substance aidait à prévenir le cancer du sein, elle pouvait aussi augmenter l’efficacité de la chimiothérapie. Ce progrès, considérable pour la recherche, l’était aussi pour des milliers de femmes a risque ou qui luttaient contre cette maladie.
Les isothiocyanates constituent également un produit unique de bio-transformation du sulphorafane. un
glucosinolate dérivé de la glucoraphaninc. Surtout concentrés dans le chou, les graines et les feuilles de moutarde, ils semblent prévenir le cancer du poumon et de l’œsophage chez les fumeurs. Plusieurs équipes de recherche issues de différentes universités américaines ont rendu compte de résultats similaires, prouvant ainsi de façon certaine les effets préventifs des légumes crucifères et de leurs phytochimiques.
Ces composés soufrés semblent aussi inciter les cellules cancéreuses à s’autodétruire, un processus connu sous l’appellation de « mort programmée des cellules > ou a pop rose. De nombreuses autres études ont montré que les isothiocyanates sont efficaces contre les cancers de l’intestin, des voies respiratoires, de l’estomac, du rectum et du côlon. L’indole-3-carbinol (I3C) est un autre agent pré-
ventif majeur du cancer, qui se trouve concentré dans le brocoli, le chou de Bruxelles, le chou et le chou frisé.
Des chercheurs de l’université de Berkeley, sous la houlette du Dr Gary Fîrestone, ont réalisé plusieurs études sur les effets de PI3C, et, plus parriculièrement, une thérapie combinée avec un remède utilisé contre le cancer du sein, le tamoxifène. Selon le Dr Firestone, cette synergie médicamenteuse devait bloquer la croissance des cellules cancéreuses. Mais, si I’I3C sous forme de remède donnait de bons résultats, l’BC sous forme alimentaire allait-il être aussi efficace ?
Une équipe de scientifiques de l’Institut pour la recherche hormonale, à New York, a alors réalisé sur soixante femmes en bonne santé une étude s’étalant sur trois mois. Après avoir séparé les femmes en trois groupes, ils ont donné au premier un régime contenant 400 mg d’13C par jour ; au second, un régime riche en fibres dosé à 20 g par jour ; et, au troisième, un régime placebo afin d’avoir un point de comparaison. Les femmes ayant bénéficié du régime 13C ont manifesté une nette augmentation du métabolite œstrogène protecteur contre le cancer, le 2-hydroxyestrone (2-OH El), alors que les régimes des deux autres groupes n’ont apporté aucune différence significative. Il est clairement démontré par ces multiples expériences que la consommation de légumes crucifères stimule la production de métabolites œstrogènes protecteurs et diminue de façon significative les risques de
cancer du sein.

Quels aliments sont vos aliments-couleur ?

Quels aliments sont vos aliments-couleur

Vous avez compris pourquoi il est essentiel d’inclure des légumes crucifères dans votre programme de régime quotidien. Mais lesquels sont les plus appropriés pour votre organisme ?

Les types Kapha
Les légumes verts sont l’idéal pour vous. Les meilleurs sont les vert foncé ou les bleu-vert. Tous les crucifères sont aussi excellents : la moutarde, les radis et le radis noir vous aideront à maintenir un bon équilibre biologique. Vous pouvez manger ces légumes crus ou cuits a la vapeur.

Vos couleurs principales
Légumes crucifères : brocoli, chou chinois, chou de Bruxelles, chou (blanc, rouge, vert), chou-fleur, chou frisé, chou-rave et navet. Moutardes : arugula, graines de moutarde (noires, jaunes), daikon, radis noir, feuilles de moutarde, radis, wasabi (pâte verte très relevée qui accompagne les sushis) et cresson.

Vos couleurs complémentaires
Légumes crucifères : tous ceux des couleurs principales.
Moutardes : idem.

Vos couleurs antagonistes
Légumes crucifères : rutabaga.
Moutardes : aucune.

Les types Pitta

La plupart des crucifères leur conviendront, excepté quelques moutardes trop relevées pour eux ; les douces seront donc mieux tolérées. Ils devront éviter des aliments comme la choucroute, non seulement parce qu’elle contient de la tyramine qui augmente la tension, mais parce qu’elle est vinaigrée et salée.

Vos couleurs principales
Légumes crucifères : brocoli, chou chinois, brocoli chinois, chou-fleur et chou frisé.
Moutardes : arugula, cresson.

Vos couleurs complémentaires
Légumes crucifères : chou-rave et rutabaga.
Moutardes : daikon et feuilles de moutarde.

Vos couleurs antagonistes
Légumes crucifères : navet
Moutardes : graines noires et jaunes, radis noir, radis et wasabi.

Les types Vata

Certains légumes crucifères peuvent leur causer des gaz intestinaux. Les moutardes, pour la plupart, sont bien acceptées. Ils toléreront mieux tous ces aliments s’ils sont blanchis ou cuits à la vapeur.

Vos couleurs principales
Légumes crucifères : chou chinois.
Moutardes : graines noires et jaunes, graines de colza, daikon et cresson.

Vos couleurs complémentaires
Légumes crucifères : brocoli, brocoli chinois et chou frisé.
Moutardes : radis noir, feuilles de moutarde, radis et wasabi.

Vos couleurs antagonistes
Légumes crucifères : choux de Bruxelles, chou (vert, blanc et rouge), chou-fleur, rutabaga et navet.
Moutardes : arugula.

Effets secondaires éventuels des aliments verts

Effets secondaires éventuels des aliments verts

Incidences sur la thyroïde

Les goitrigènes sont des composés naturellement présents dans les aliments, qui inhibent la synthèse des hormones thyroïdiennes. Les glucosinolates font partie de ce groupe. Toutefois, les goitrigènes alimentaires, que nous absorbons en mangeant des légumes crucifères, atteignent rarement dans le sang un niveau susceptible de nous causer des ennuis. Néanmoins, les individus qui présentent des problèmes de thyroïde ou qui souffrent d’une déficience en iode devraient se renseigner auprès de leur médecin afin de savoir quel genre de nourriture éviter. Les autres aliments contenant des goitrigènes sont le manioc, le sorgho, le maïs et le millet. C’est le manioc qui renferme le taux le plus élevé de goitrigènes, et les populations qui en consomment en grandes quantités ont appris à le tremper, le sécher et le réduire en poudre pour en éliminer les éléments nocifs pour la thyroïde.
Grossesse et allaitement
Je n oublierai jamais ma surprise lorsque, en changeant mon fils de trois mois, que j’allaitais, je trouvai sa couche souillée fortement empreinte d’une odeur tout à fait semblable à celle du chou trop cuit. J’étais une jeune maman, à l’époque, et, avec mon diplôme de biochimie, je croyais tout savoir. De surcroît, mon bébé se montrant grincheux ce matin-là, je finis par penser que tout cela était sans doute dû à mon repas de la veille : du chou. Je me vis ainsi forcée de reconnaître que les conseils « de bonne femme » des mères plus expérimentées que moi étaient loin d’être injustifiés.
Lors de recherches pratiquées sur les animaux, les scientifiques ont découvert que les glucosinolates issus des crucifères imprégnaient la barrière placentaire et les glandes mammaires, phénomène qui protégeait ainsi les petits de l’attaque de plusieurs cancers. Des recherches à l’université du Minnesota l’ont confirmé : les mères qui allaitent et qui mangent des légumes crucifères peuvent provoquer des coliques a leur bébé.
Cela veut-il dire que l’on ne doit pas absorber ce genre de légumes durant la grossesse ou l’allaitement ?
Non, bien entendu. Cela signifie simplement qu’une jeune mère devra suivre de plus près sa charte de couleurs, en apportant à son enfant les glucosinolates que son type corporel transforme le mieux. En ce qui me concerne, je n’aurais jamais dû manger de chou car je suis un type Vata Qaune) et que le chou vert n’est décidément pas ma couleur.

Interactions médicamenteuses

Les aliments fermentes, dont la choucroute, peuvent engendrer quelques problèmes chez les personnes souffrant d’allergies. La fermentation des crucifères produit en effet un taux élevé de tyramine, un neuropeptide qui augmente la tension et provoque des suées, des palpitations et des maux de tête chez les individus sensibles. La tyramine accentue aussi l’effet des inhibiteurs de monoamine-oxydase (MAO), comme la phénelzine, que l’on utilise dans le traitement de la dépression. L’îsoniazide renferme aussi quelques inhibiteurs de MAO (IMAO), et les patients qui prennent ces médicaments devraient éviter les aliments contenant de la tyramine.

Famille des liliacées : l’oignon et l’ail

Famille des liliacées  l'oignon et l'ail

La famille des liliacées comprend notamment l’oignon, l’ail, la ciboulette, le poireau et l’échalote,
légumes connus pour leur goût très acre. Il suffit d’y planter la pointe d’un couteau pour déclencher une série de réactions dans le bulbe, qui dégage alors de puissants phytochimiques à l’odeur particulièrement forte.
Les composés sulfureux de l’ail et d’autres variétés de liliacées sont rapidement transformés (en six
secondes) lorsque le bulbe est coupé, écrasé ou cuit.

Les gousses, quand elles sont encore couvertes de leur membrane protectrice, ne sentent rien. Cependant, dès qu’on les pèle ou qu’on les coupe, elles dégagent, elles aussi, un gaz puissant que vos yeux et votre nez ont vite fait de détecter. Cela s’explique par le fait que les enzymes allinases de l’ail commencent à agir sur les composés sulfureux, en les transformant en une série de composés aptes à prévenir les maladies.
Tous les membres de la famille de l’oignon et de l’ail contiennent de l’alline et de l’allinase, avec des différences notables d’un légume à l’autre. Plus le bulbe est odorant, plus il contient de composés sulfureux – et plus ses propriétés médicinales seront importantes.

La famille de l’ail
Ail (Allium sativum)
Ail « Éléphant » {Allium ampeloprasum)
Ail sauvage (Allium ursinum)

La famille de l’oignon
Ciboulette (Allium schoenoprasum)
Échalote (Allium ascaionicum)
Oignon (Allium cepa)
Oignon vert (Allium ophioscorodon)
Poireau (Allium porrum)

Les principaux phytochimiques bio-sulfureux de l’ail et de l’oignon sont les thiosulfonates. D’autres
composés sulfureux tout aussi importants sont les gamma-glutamylcystéines, la scordinine, et plusieurs phytochimiques non sulfureux comme les stéroïdes, les triterpénoïdes, les flavonoïdes et les fructanes. L’ail est l’un des aliments médicinaux les plus étudiés pour les bienfaits largement reconnus qu’il apporte à l’organisme. Il contient approximativement quatre fois plus de composés sulfureux que le brocoli, et, depuis cinq mille ans, constitue un des principaux éléments des
nourritures européenne, asiatique et africaine. Même s’ils n’ont pas autant de vertus que l’ail, les oignons, eux aussi, agissent considérablement sur les maladies. L’ail et l’oignon sont utilisés à la fois comme aliment et comme remède, et l’on pense qu’ils sont tous les deux originaires d’Asie. D’anciens textes médicaux du Proche-Orient, de l’Inde et de la Chine font tous mention de l’utilisation de l’ail et de l’oignon dans le traitement de la mauvaise digestion, de la toux ou des
problèmes de peau. On a trouvé des traces d’ail dans la tombe du pharaon Toutankhamon (v. 1354-1346 av. J.-C). On dit aussi que les Hébreux ont découvert l’ail lors de leur exil en Egypte, et qu’ils en auraient emporté avec eux jusqu’au Sinaï et au-delà.
Peu à peu, l’ail a étendu sa popularité jusqu’au Croissant fertile, une zone de culture extrêmement riche, qui traverse Israël, la Jordanie, le Liban, la Turquie, la Syrie et l’Irak. Les conditions de culture idéales de ces régions produisent de l’ail de qualité supérieure. Sa production s’est ensuite étendue jusqu’à la Grèce et Rome, où, boudé par la haute classe à cause de son odeur forte, il n’a trouvé de consommateurs que chez le bas peuple et les soldats, ces derniers l’emportant avec eux dans
tous les pays d’Europe qu’ils partaient conquérir. Pendant ce temps, les Celtes faisaient déjà usage de l’ail : une variété à larges feuilles, l’ail sauvage, appelé Allium ursinum (ou ail de l’ours). Cette espèce est très répandue aujourd’hui en Allemagne et dans l’ouest de l’Europe.

Acheter, conserver et cuisiner ces aliments

Acheter, conserver et cuisiner ces aliments

Les légumes crucifères ont une forte teneur en vitamine C, qui diminue durant le transport et le stockage de ces produits. Lorsque vous les acheté:, ne les garde: pas au réfrigérateur plus de trois ou quatre jours. Mieux encore, blanchissez-les à ta vapeur le jour même. Le légume devrait garder alors sa couleur vive et paraître craquant si on le perce avec une fourchette. Le chou chinois est plus délicat et doit être frit plutôt que cuit à la vapeur. Avec d’autres variétés, on peut préparer des salades de chou cru, rouler leurs feuilles que l’on farcira de viande, en faire des soupes, les servir seuls ou avec d’autres légumes. Le chou accompagne parfaitement les légumes riches en caroténoïdes tels que les carottes. Le chou-rave cru est très bon une fois pelé, tranché et mangé tel quel ou ajouté à une salade. Coupez les feuilles et la queue, et mangez-en juste la base. Il a une
saveur fraîche et agréable, et non acre comme certaines autres variétés. Choisissez-le plutôt petit, car il sera jeune et donc plus tendre. Le brocoli et le chou-fleur sont très appréciés crus
ou légèrement blanchis, accompagnés d’une sauce à base de fromage blanc. Les enfants adorent les croquer crus, et c’est un excellent moyen de leur faire consommer régulièrement ces aliments très bons pour la santé.
Les germes constituent aussi une excellente façon de manger des légumes cruciteres. Dans l’ayurvéda, les germes de légumes et de céréales sont considérés comme des aliments supérieurs car Us contiennent des nutriments hautement concentrés, ainsi qu’une grande quantité d’enzymes, qui aident à la digestion et a l’assimilation.

Effets secondaires éventuels des aliments verts

Effets secondaires éventuels des aliments verts

Peler ou couper un oignon peut provoquer une irritation des membranes muqueuses (des yeux, notamment) car le produit chimique (appelé propanethial-S-oxyde) qui se dégage alors se change en acide sulfurique au contact de l’air et provoque une sensation de brûlure. Il est donc conseillé de peler et couper ce légume sous un filet d’eau courante. Les oignons plus doux comme le Vidalia, le Maui ou l’oignon rouge ne contiennent pas assez de cet oxyde pour causer de problèmes. Absorbés crus, l’oignon et l’ail peuvent être à l’origine d’irritations gastriques et de flatulences sur certains sujets sensibles. La cuisson élimine ces problèmes. Les éventuels effets secondaires de l’ail cru peuvent se traduire par une haleine agressive, des odeurs corporelles et des irritations de la peau. En outre, il est déconseillé de mélanger l’ail avec des substances anticoagulantes ou destinées à faire baisser la tension, car il peut en renforcer les effets. L’haleine forte est le résultat d’une réaction chimique entre plusieurs phytochimiques (des sulfites d’allyle et des composés de sélénium) dont les effets disparaissent au bout de trois ou quatre heures. Deux terpènes anticancéreux ont aussi été détectés dans l’haleine « aillée », le limonène et le mène, qui, eux, sont sans odeur.
L’oignon, l’échalote, le poireau et la ciboulette ont, quant à eux, des taux de sulfite assez bas, qui les font paraître moins agressifs ; mais ils garderont malgré tout une odeur et un goût particulier pendant un minimum de temps, s’ils sont mangés crus. Pour pallier le problème de la forte haleine et de l’arrière-goût laissés par l’oignon et l’ail, les herboristes suggèrent de mâcher du persil cru.

Interactions médicamenteuses éventuelles

Comme nous l’avons vu, l’ail a une action antiagrégante sur les plaquettes. Il peut donc accentuer l’effet inhibiteur de certains remèdes sur ces plaquettes, utilisés dans le traitement des crampes à répétition ou comme anticoagulants pour prévenir les attaques cérébrales. Ainsi est-il déconseillé aux personnes traitées avec ce genre de médicaments d’absorber des suppléments de poudre d’ail, ou d’en manger plus d’une gousse par jour.

Acheter, conserver et cuisiner ces aliments

Acheter, conserver et cuisiner ces aliments

Choissez toujurs des bulbes fermes avec une peau extérieure bien sèche. Vous pouvez les conserver
environ un mois dans un endroit frais, sec et sombre. L’humidité en hâtera la germination, aussi est-il
conseillé de les entreposer dans le réfrigérateur si vous vivez dans une région chaude et humide.
Le fait de cuire l’ail et l’oignon détruit les enzymes allinases, ce qui empêche ainsi les composés sulfureux thérapeutiques de se former. Cependant, hacher ou couper les bulbes activera cette enzyme. Mieux vaut couper ces bulbes juste avant de les cuire car les composés sulfureux qui s’en dégagent ont tendance à se dissiper rapidement à l’air. Seuls 16 % de ces composés demeurent dans l’aliment quand il a été sauté ou frit. Toutefois, cela suffit pour profiter des nombreux bienfaits de l’ail.

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